Vie pratique

Un guide de la cérémonie de mariage juif et de l’ordre de service sous la Houppa

Bonne question ! De nombreuses traditions merveilleuses se réunissent lors d’une cérémonie de mariage juif et chacune symbolise la beauté de la relation entre un mari et une femme, ainsi que leurs obligations l’un envers l’autre et envers le peuple juif. Voici mon guide pour tout ce que vous devez savoir.

Signature de la Kétouba

Pour commencer, nous avons deux rituels courts, mais très importants. Le premier est la signature de la ketubah. La cétouba est un document ancien – une sorte de contrat de mariage – qui précise les engagements du marié envers la mariée.  Elle est signée par deux témoins juifs désignés, qui ne doivent pas être des membres de la famille des mariés par le sang.

Badeken

Le second est appelé le badeken et il a lieu juste après la signature de la kétouba. Il s’agit d’un rituel court mais significatif où le marié couvre le visage de la mariée avec son voile. C’est une coutume qui découle du récit biblique du premier mariage de Jacob, lorsqu’il a été trompé pour épouser la Léa fortement voilée au lieu de Rachel, sa future épouse. J’ai entendu dire que certains couples égalitaires équilibrent maintenant cette tradition en demandant à la mariée de placer une kippa (kippa) sur la tête de son époux également !

La houppa

Il est maintenant temps pour la fête de mariage d’entrer dans la zone de la cérémonie principale où tous les invités sont assis. Ils se dirigent vers le point central de la cérémonie – un dais soutenu par quatre poteaux appelés « houppa ».

La houppa représente l’abri et l’intimité de la maison que les mariés créeront après leur mariage. Le foyer est un élément central de la vie juive : c’est le lieu où nous grandissons, où nous apprenons à partager et à aimer, et dont nous assurons également notre indépendance. Vous verrez que les mariés se tiennent au centre du foyer et que les murs sont formés par leurs proches. Tout comme les murs de notre maison nous protègent des éléments, nous offrant chaleur et sécurité, les « murs » de la houppa – c’est-à-dire nos familles et nos amis – nous apportent soutien et force grâce à leur amour.

La mariée suit le marié vers la houppa, et les deux sont généralement escortés par leurs parents respectifs.

La coutume qui veut que la mariée fasse sept fois le tour du marié a été interprétée comme la construction symbolique d’un mur d’amour autour de la relation entre les mariés. Le chiffre sept représente le plus sacré de tous les nombres dans le judaïsme et symbolise également l’intégralité et la complétude qu’ils ne peuvent atteindre séparément.

Bénédiction des fiançailles

Deux tasses de vin sont utilisées lors de l’organisation d’un mariage juif à Nice. La première coupe accompagne les bénédictions de fiançailles, récitées par le rabbin. Après la récitation de ces bénédictions, le couple boit dans la coupe.

Les bénédictions de fiançailles expriment la volonté des époux de créer un foyer juif, dédié à Dieu et au bien-être de l’humanité.

Remise de l’anneau

Dans la loi juive, un mariage devient officiel lorsque le marié donne un objet de valeur à la mariée, ce qui se fait traditionnellement avec une bague. La bague doit être totalement simple, sans pierres ni marques, comme on espère que le mariage sera d’une beauté simple.

Les époux échangent alors leurs bagues et se déclarent mutuellement leurs vœux de fiançailles. Les mots « par cet anneau, tu m’es consacré selon la loi de Moïse et d’Israël » constituent l’essence du service du mariage. Le cercle de l’anneau est un symbole de la nature éternelle de l’alliance du mariage.

La lecture de la Kétouba

La kétouba est ensuite lue dans le texte original en araméen et est donnée au marié pour qu’il la remette à sa femme et qu’elle s’y accroche pendant tous les jours de leur mariage. Elle a le statut d’un accord juridiquement contraignant et est la propriété de la mariée.

Les sept bénédictions

Les sept bénédictions (Sheva Brachot) sont maintenant récitées sur la deuxième coupe de vin par le rabbin, ou un chazan, ou d’autres personnes que le couple souhaite honorer. Ces bénédictions sont très anciennes et placent les mariés dans un contexte social et sacré plus large. Elles sont organisées comme suit :

  1. Bénédiction sur le vin – symbole de joie
  2. Bénédiction louant Dieu à qui toute la création proclame sa louange
  3. Dieu est loué comme Créateur de l’humanité
  4. Dieu est loué, lui qui a créé l’humanité à l’image de Dieu.
  5. Espoir pour l’avenir messianique
  6. Prière pour le bonheur des mariés
  7. L’espoir individuel de bonheur pour le couple est combiné avec une prière pour la joie dans l’avenir messianique.

Briser le verre

La conclusion de la cérémonie est marquée par l’estampillage du marié sur un verre et son brisement sous les pieds. C’est le signal officiel pour acclamer, danser, crier « Mazal Tov ! » et commencer à faire la fête !

Mais il y a diverses autres explications selon les personnes à qui vous le demandez. Certaines d’entre elles sont que c’est :

  1. est une représentation de la fragilité des relations humaines ; et un rappel que le mariage va changer votre vie (pour le mieux, espérons-le) pour toujours.
  2. est une superstition et le bruit fort est censé chasser les mauvais esprits.
  3. est une rupture avec le passé : le mariage doit durer aussi longtemps que le verre reste brisé, c’est-à-dire pour toujours.
  4. symbolise la destruction du Temple de Jérusalem il y a environ 2000 ans.
  5. symbolise l’espoir que votre bonheur sera aussi abondant que les tessons de verre, ou que vos enfants seront aussi nombreux que les tessons de verre.

Yichud – Réflexion privée

Une fois que le couple de jeunes mariés a quitté la zone de la cérémonie, la dernière partie de l’ordre de service a lieu et c’est le Yichud. Il est considéré comme l’une des parties les plus intimes et privées de la journée. Les mariés doivent passer du temps seuls, loin de la famille et des invités, pour réfléchir à ce qui vient de se passer – leur mariage – avant de rejoindre la fête. Autrefois, c’est à ce moment-là que le mariage aurait été consommé !

Voilà donc tout ce que vous devez savoir. J’ajouterai simplement que la signification spirituelle d’un mariage juif se perd parfois dans la folie de son organisation. S’il y a un conseil que je donnerais à toutes les mariées, c’est d’essayer de vivre le plus possible le côté pur et sacré d’un mariage juif.